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Les tribus des longs cous seraient originaires de Chine pour certains et de la Mongolie ou du Tibet pour d’autres. Aujourd’hui, la plupart des femmes issues de ces ethnies vivent retranchées dans des villages en Thailande ou en Birmanie. Leur surnom de « femmes girafes » leur a été donné par Vitold de Golish, explorateur polonais, à cause des spirales en laiton qu’elles portent autour du cou. Surnom qui perdure encore jusqu’à aujourd’hui. C’est en Birmanie que vivent les femmes l’ethnie Kayan à long cou. Même si ces traditions commencent à être de plus en plus délaissées par les jeunes filles kayan, qui commencent à se révolter, plusieurs femmes kayan continuent tout de même de les perpétuer dans le but probablement de conserver leur identité ethnique.

L’origine de la tradition

Le fait de porter des anneaux de laiton autour du cou fait désormais partie de l’identité culturelle de l’ethnie kayan. Il n’en fut pas toujours ainsi. Selon les légendes, c’était pour se protéger des attaques de tigre, nombreux dans les régions dans laquelle vivaient ces ethnies, que les spirales furent posées pour la première fois. D’autres légendes racontent encore que c’était pour se protéger des viols et des rapts que les anneaux furent mis autour du cou des femmes. En étant parés ainsi, pensaient-ils, elles devenaient moins attrayantes. Les femmes Kayan, surnommées aussi les Padaung par les Birmans, portent également des anneaux autour des mollets. Selon la croyance birmane, le port de ces spirales protègerait l’âme de ces femmes. Pour d’autres, ces spirales symboliseraient aussi l’appartenance à une classe sociale mais permettraient également d’accentuer la beauté d’une femme.

Les colliers

Selon la tradition, c’est vers l’âge de cinq que sont posées les premières spirales autour des cous des fillettes de l’ethnie Kayan. La cérémonie se déroule généralement un jour de pleine lune et est dirigé par un chaman. Les premiers colliers spiraux peuvent peser jusqu’à 1,5kg. Chaque année, le collier est remplacé par un autre composé à chaque fois de plus de spirales. Contrairement à ce que l’on croit, ce ne sont pas des anneaux qu’on ajoute à cette occasion mais c’est la spirale qui est remplacée par une autre en fonction de l’âge de la personne et jusqu’à ce qu’elle se marie. A l’âge adulte, les poids de ces spirales peuvent atteindre les 10 kg. Aussi, ce n’est pas le cou qui est étiré par la spirale comme on a tendance à le penser mais ce sont les épaules et les clavicules qui se retrouvent compressés par la pose de ces anneaux. Ces colliers restreignent gestes de la femme Kayan, elle doit par exemple toujours regarder droit devant elle.

La vie quotidienne des Kayan au Myanmar

Les Kayan vivent pour la majorité dans des villages retranchés dans des maisons de bambous montées sur pilotis. Elles vivent essentiellement de culture (riz, bambou et ananas) mais aussi d’élevage (cochons, poules, etc). Beaucoup de ces femmes vendent aussi des produits artisanaux qu’elles fabriquent elle-même aux touristes car l’existence de ces villages est devenue ces dernières années une véritable attraction touristique. Les femmes ainsi que leur vie quotidienne sont exposées aux touristes qui pour quelques sous les prennent en photo. Cela porte d’ailleurs à polémique car pour certains elles sont bassement exploitées par les industries du tourisme dans ces régions. Plusieurs associations de défense de droit de l’homme s’insurgent d’autant plus contre ces faits.

Vous rencontrerez les « femmes girafes » lors d’un voyage sur mesure en Birmanie !

Une tradition délaissée

Des jeunes filles Kayan commencent à se rebeller contre cette tradition. En effet, ces signes distinctifs, qui reflètent leur identité culturelle sont aussi un frein pour elles si jamais elles partaient à la recherche d’emploi dans les villes, les obligeant à rester au village et à ne pas évoluer. Pourtant, là elles n’ont aucune chance d’améliorer leur vie. De plus, même pour celles qui consentent à perpétuer cette coutume, les spirales sont chères et il est de plus en plus difficile de les acquérir. Sans compter les déformations physiques qu’entraîne le port de ses spirales autour du cou des années durant. Malgré cela, le fait de visiter des villages kayan permet à ces femmes d’avoir un revenu, aussi modeste soit-il. D’ailleurs, il existe des traditions similaires dans plusieurs pays du monde, le plus important est d’aller vers ces femmes, de les écouter et d’essayer de les comprendre.